Le point commun qui existe entre les passionnés de cuisine, réside probablement dans la comptabilité fournie de leurs magazines culinaires.
B
ien évidemment, je ne déroge pas à la règle, regrettant à chaque fois une dépense certainement inutile, tout en contemplant, résigné, ma pile de magazines qui ne cesse de croître. J’ai beau me dire que toutes les recettes se ressemblent, je ne suis pas encore sur la voie de la guérison.
Car il est le malin le virus du magazine, il agit malignement, il me pique et me repique en m’inoculant le doute : "et si je loupais la recette que j'ai toujours rêvé de faire sans le savoir"... "et si j'allais découvrir de nouvelles idées de création"... Alors je tourne les talons, et repars du kiosque mon magazine sous le bras en me persuadant que ce sera le dernier (c'est juré !) pour mieux le dévorer aussi vite qu'un bon roman une fois rentré chez moi. Un magazine de cuisine peut être aussi un vrai livre de chevet, avec de belles histoires à déguster, avant de goûter un repos mérité.

Pêle-mêle, mes préférences vont avant tout à Etoiles (mensuel du guide Michelin), Régal, Saveurs ou Elle à table mais régulièrement, je craque aussi pour des magazines dont le papier n'est pas aussi joliment glacé, les articles de fond quasi-inexistants et les photos beaucoup moins alléchantes. Leur titre est peut être moins noble (Cuisine actuelle, Maxi cuisine...) mais ils ont pour eux d'afficher sur la couverture un nombre impressionnant de recettes "à faire pour les fêtes", "à déguster entre amis", "à déguster sans craindre le jugement du maillot de bain"... Et dans ce cas, les sirènes m'appelant à nouveau, je craque encore une fois...

Enfin, pour que notre étude statistique soit complète, il faudrait logiquement interroger ces passionnés de cuisine sur le nombre de recettes qu'ils reproduisent vraiment, et je ne pense pas me tromper en imaginant qu'ils feraient la même réponse que moi : "eh bien,... une...voire deux… de temps en temps...quand je reçois...".

La vertu réelle de ces magazines, est sans aucun doute l’envie qu’ils nous déclenchent de créer, ce picotement empressé qui va nous faire passer à l’acte, pour commettre le plus délicieux des mensonges assumés : se faire croire un peu à nous-mêmes, que le magazine n‘a rien inventé, et que l‘accommodement de notre recette, est sans nul doute bien meilleur que celle publiée.

Toute règle ayant une exception, je vous livre une recette lue il y a plusieurs mois dans Maxi Cuisine et réalisée fidèlement (enfin… pratiquement, car la mienne est bien meilleure… - sourire -).

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(cliquer sur la photo pour l'agrandir)

Prévoir :

- 250 g. de petits pois surgelés,
- 250 g. de petites carottes surgelées,
- 1 courgette,
- 40 cl de lait concentré non sucré,
- 4 oeufs,
- 2 cuillères à soupe de farine,
- sel et poirvre.

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Couper la courgette en petits dés. Les cuire avec les légumes encore surgelés dans une casserole d'eau salée. Les égoutter et les passer sous un filet d'eau froide.

Battre les oeufs avec la farine puis ajouter le lait concentré et battre vivement. Saler, poivrer. Ajouter les légumes bien égouttés et mélanger. Verser dans un moule carré ou rectangulaire beurré et fariné.

Cuire dans le four préchauffé à 180° pendant 40 minutes environ (couvrir à mi-cuisson avec un papier d'aluminium afin que la surface ne dore pas trop). Laisser refroidir puis réserver dans le réfrigérateur jusqu'au moment de servir. Présenter en coupant des bandes ou carrés.

Une idée : découpé en petits cubes, ce flan est idéal pour un apéritif dînatoire.